WORMACHINE "TV brain" (Hybrid) 2007

Wormachine s'était déjà fait remarquer en 2005 avec son tout premier opus, éponyme, dans le secteur du metal-indus tricolore. Cette année le trio franc-comtois (apparemment devenu quatuor entre-temps) enfonce le clou avec un deuxième album qui ne déçoit pas.
L'étiquette "metal-indus" est de fait celle qui colle le mieux à leur univers, mais leur approche est suffisamment personnelle pour éviter de jouer les copies, même méritantes, des références du genre. Les accents pops ("J'divague") et rocks voire punks ("Born to die", avec miss Z des Punish en invitée), mais aussi le chant en français de certains morceaux, peu usité dans ce créneau sonore, contribuent, avec un p'tit quelque chose bien à eux, à offrir au groupe une identité bien personnelle.
Le résultat est globalement carré et rentre-dedans, avec de nombreux breaks démontrant tant de la maîtrise que de l'audace dans la composition, tout ceci avec des textes pas cons et qui ont le mérite de ne pas se vautrer dans les clichés du genre. Ca pète.
Ce skeud n'a pas quitté ma platine pendant l'été, et c'était pour lui trouver un peu plus de qualité(s) à chaque écoute. Mention spéciale à "The next big fright", couplets tout en tension retenue pour se libérer en des refrains du meilleur goût : je kiffe ! En plus, Wormachine a l'air de clairement assurer une fois sur scène, donc à voir s'ils passent à côté de chez vous... après avoir acheté une de leurs prods, si possible. Miqrob
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MORIARTY "Equation of madness" (Altsphere Prod) 2006

Moriarty, formé à cette occasion des 4 entités suivantes, Sobria Ebrietas, Roswell Conspiracy, Cruise [ctrl] et JeFF, délivre une musique dark-ambient assez introspective, sans concession, qui nous plonge dans des profondeurs abyssales, là où l'obscurité, la froideur et le néant se côtoient ("Equation of madness" et son côté Tribe of Circle en moins malsain, "Brains annihilation" et son grésillement volontier associé à une sorte de reptation).
"Equation of madness", longue descente dans les abîmes insondables, ne rassure pas. Son côté intemporel, ajouté à la sensation d'être enterré vivant, véritable supplice pour l'auditeur impuissant, aboutit à une terrible remise en question ("Staring at yourself") et la folie nous gagne peu à peu malgré les espoirs fomentés par les soubresauts electro de "Darklight" (on pense notamment à Fluke), "The sirens song", "Mind of robot" et "Eskaryot".
Même si sur certains titres comme "Electronic desires" et "Gind drilling", nous restons dans l'expectative (côté ambient un peu plat), dans l'ensemble "Equation of madness" réussit en une soixantaine de minutes à se hisser au rang de formations assez exceptionnelles du genre Xingu Hill pour "Deeper than thou" ou Black Lung et son "Silent weapons for quiet wars". Solus
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2 KILOS & MORE "8 floors lower" (Jeans Records) 2007
On attendait beaucoup du premier album de 2 Kilos & More :
- d'abord parce que Hugues Villette et Sèverine Krouch font partie du milieu activiste underground français depuis de nombreuses années (à travers le fanzine 18 Jardins, un remix pour Trisomie 21, la composition de la bande-son pour un court métrage...);
- puis parce que ce sont des musiciens talentueux (au sein de formations aussi diverses que My Own, Osaka Bondage, 1 Kilo of Black Bondage, Ba[j]ka...);
- et enfin parce que Norscq (Von Magnet, Mimetic, The Grief, Colder...) s'est attelé à la tâche de producteur (mixage et mastering).
C'est donc avec une certaine exigence que l'on découvre les neufs titres qui composent "8 floors lower". Et ceux-ci dépassent largement nos espérances tant le niveau de qualité est ici maîtrisé.
Ces "travaux" nous offrent un environnement musical très varié : un panel sonore traversant les paysages de l'electronica ("I hear a wolf in your belly"), du post-rock ambiant ("And that's all about so far", "Tell the one on your left"), de la noisy-pop ("After may june, and before Berlin", "I hear a wolf in your belly"), et s'étendant jusqu'aux frontières de l'expérimental ("Demande au singe", "I was now able to stand upright"), mais qui sait cependant rester homogène.
Cette exploration constitue une véritable introspection et nous pousse inexorablement dans nos retranchements, aux confins de nos sentiments les plus enfouis.
Pour conclure, 2 Kilos & More nous entraîne dans un monde éthéré et intemporel que viennent dissoudre par intermittence quelques expérimentations rythmiques et autres incursions organiques (on pense à Sigur Ros, Slowdive, My Bloody Valentine, Neubauten...), nous plongeant dans une lente dérive "postrockmatique".
De manière amplement méritée, cet album ne sera pas resté dans les abîmes de l'autoproduction bien longtemps... Solus
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ZAUBER "Noise House" (Démo) 2006
Alors que la scène electrodark stagne depuis quelques années autour des mêmes poncifs, le nordiste Ludovic Dhenry, à travers son projet Zauber, semble vouloir revenir à un son plus épuré et direct.
Dès le premier titre "Other", l'ambiance est posée : sons cinglants, voix menaçantes et beats dansants, l'on sait immédiatemment où l'on va... Le morceau se permet même quelques envolées presque pop, sans pour autant donner dans le kitsch, chose suffisamment rare pour être soulignée.
On enchaîne avec "Paradise" qui sonne comme le morceau dansant de cette démo avec sa boucle entêtante qui nous ramène immédiatement au "Futile" de Velvet Acid Christ (lui-même hérité de John Carpenter). Clin d'oeil volontaire ou pas ? Peu importe, on en redemande !
Suivent alors le titre éponyme "Noise house" et "Temple of temptation" qui développent des ambiances plus hypnotiques et l'on termine sur un "Destiny" orienté dancefloor, pas forcément original certes, mais indéniablement efficace.
Rien de foncièrement nouveau donc à l'horizon de la dark-electro, mais à l'heure de la surenchère de beats et de saturations gratuites, Zauber semble vouloir nous offrir un retour aux sources plutôt salvateur. Si l'on ajoute à cela une production particulièrement propre, l'on est en droit d'espérer une suite à ces quelques titres... ce que confirme la sélection de son titre "Funeral imagination" sur la compilation franco-espagnole "Electronic Manifesto" qui sortira sur le label hispanique Caustic Records en hommage à la vague froide de Vancouver (Skinny Puppy, Front Line Assembly, Numb). Quand nous parlions des fondamentaux... Skoell
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F.Y.D. "Defied" (Audiotrauma) 2005

Arnaud Coeffic et Nicolas Grasser, les deux chirurgiens qui constituent l'équipe de choc du service de réanimation de Fuck You Die (et non Face Your Death) ne sont pas là pour nous anesthésier les tympans.
Au contraire, ils nous font vivre une expérience audio-traumatisante dont on ne ressort pas indemne : une sorte de Near Deaf Experience.
L'auditeur, plongé dans une sorte de coma auditif ("The truth", intro dark-ambiant), se retrouve dans la salle de soins intensifs et commence à ressentir à nouveau la propagation d'ondes sonores (une voix se fait entendre demandant la vérité sur l'état du patient et la réponse reste en suspens), grâce aux massages que les chirurgiens appliquent aux conduits auditifs ("Living") sous forme de voix hurlées, de guitares saturées et de séquences aux structures hachées, découpées, à la limite du cut-off, et s'emploient même à utiliser l'ustensile roi que représente la double pédale.
Mais rien n'y fait, le patient semble réagir de moins en moins aux signaux sonores mid-tempo de "I know you". Et son subconscient, à l'instar du héros de "l'Echelle de Jacob", se met à errer dans des états successifs de rêves perturbés ("Against silence"), de semi-conscience ("Involvement"), de pertes de connaissance désemparées ("Outer conscience") et de réalité troublée ("Serious trauma").
A la limite de la nécrose, les trompes d'Eustache se voient donc contraintes à refonctionner en proie aux électro-chocs métal-indus-hardcore-noise de "H.I.T" et "Deified".
Mais ce n'est pas suffisant et l'auditeur, en pleine apoplexie, bascule alors vers la partie immergée de l'iceberg où les chants célestes qui l'accueillent calmement lui font entrevoir un coin de paradis ("Within"). Mais l'intervention de la main divine de l'anesthésiste le chasse telle une mauvaise graine ("A/Seed"), et c'est finalement le silence radical et omniprésent qui redonne brutalement vie à ses oreilles ("Useless").
La N.D.E. étant achevée, la rééducation post-traumatique du patient peut alors commencer ("Inhumate", "Anorma", deux remixes signés F.Y.D.) et ce dernier se voit également confié aux oreilles expertes des kinésithérapeutes Ambassador 21 ("Fuck that silence remix") et Hecate ("I know you/nightblind remix"), fervents adeptes d'un rétablissement rapide à la Muckrackers ou à la Static-X plutôt qu'une convalescence reposante.
Pour ceux qui pensent que le silence ne devrait pas exister, "Defied" est fait pour vous. Pour les autres, l'ablation pure et simple des tympans devrait être sérieusement envisagée. Solus
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GAPING CHASM "Fragments of war" (Aliens Production) 2006
Aliens Production nous présente cette fois-ci un groupe oeuvrant dans le style electro-dark entre Front Line Assembly et Skinny Puppy.
Vous l'aurez compris, Gaping Chasm officie donc dans un registre particulièrement risqué où les clones pullulent, pêchant la plupart du temps par mauvais goût, et s'en sort relativement bien. D'abord avec son premier morceau "Welcome in Europe", curieux mélange plutôt réussi aux combinaisons de boucles, de séquences rythmiques electro-indus et de samples de chants grégoriens. Puis avec les morceaux suivants au phrasé nasal et aux structures très "skinniennes": "Day D", "The frontline", "Only shadows will survive", "Crossfire"...
D'ailleurs, une certaine nostalgie s'empare de nos oreilles à l'écoute de ces onze titres (dont un remix), nous remémorant nos premiers émois de "scatopodiens".
Et ce n'est pas la production à l'atmosphère étouffée qui nous contredira sur le fait que cet album aurait tout aussi bien pu sortir dans les années 80.
Bref, rien de novateur donc, mais néanmoins efficace, "Fragments of war" s'assure une bonne place parmi les finalistes. Solus
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ANNE DONJA "Destructive forces" (Aliens Production) 2006
Après la compilation electro-ambiant "Signs" que nous connaissions (compil interessante représentant les futures signatures, agrémentée de valeurs sûres telles Flint Glass et Disharmony), le label slovaque Aliens Production nous gratifie, pour cette onzième sortie, d'un album officiant dans le registre electronica-ambiant cinématographique.
"Destructive forces" d'Anne Donja est un album instrumental aux titres explicites : "Malfunction", "Nuclear paranoïa", "Ice cold", "Bad sector"... qui parvient donc à nous hisser dans cet univers si particulier de sous-tension permanente.
Les nappes douces synthétiques, les rythmes electronica et les samples utilisés s'harmonisent parfaitement et ne laissent aucune place à l'amateurisme. De même, les visuels suivent la trame artistique du label appliquée aux pochettes. Et le format du digipack, hors du commun, ne dépare pas non plus la ligne éditoriale.
A l'issue, les quatorze morceaux (dont un remix signé Disharmony) nous laissent enthousiastes, malgré le fait qu'il n'y ait pas de réelles surprises : on aurait aimé écouter évoluer certains titres comme "Neurological seizure", "Ice cold" et "Whitespace", dans une veine plus agressive comme les morceaux "Stir up the dust" (comparaison immanquable avec Milligramme) et "Chiba city blues".
Cet album séduira sans aucun doute les fans du label français M-tronic. Solus
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MIND NECROSIS FACTOR "Entropy" (Audiotrauma) 2005
Sublime!
Tout simplement sublime.
Que dire de plus?
J'aurais bien envie d'arrêter la chronique là, tout ayant été dit, mais le lecteur voudra en savoir plus...
Et donc, étonnante surprise que de découvrir cet artiste parmi les activistes anti-capitalistes d'Audiotrauma, plus versés dans les durs sons du cyber-punk et de la tech-indus.
Dès les premières notes, mon esprit vagabonde vers les terres nordiques de Cold Meat Industry, plus précisément, vers l'emblématique Raison d'Être. Et oui, cet album recèle tous les ingrédients d'un dark-ambiant réussi : nappes profondes, vents lugubres, choeurs sépulcraux, tintements de cloches et percussions pesantes.
Mais dès la seconde plage, "Sophia", et sur la troisième aussi, "Brightdeath" (faut-il y voir un clin d'oeil aux groupes?), ce dark-ambiant sort d'une structure classique, figée dans sa beauté, pour s'enrichir d'une touche moins intemporelle. La réussite de Mind Necrosis Factor consiste en l'apport de rythmiques électroniques issues d'un background electro-indus. Des rythmiques s'inspirant donc plus d'artistes comme Mimetic. Et sur "No_home", les samples de voix à la Copernicus nous rappelle indubitablement la richesse et la superposition des textures de cette référence française en la matière qu'est Jérôme Soudan.
Mais point de dérive extrême vers un son que certains pourraient trouver trop "clubby". L'oppression de la maladie est toujours omniprésente, tantôt lourde, parfois plus vaporeuse. Lourde dans certaines introductions à la Atrium Carceri, où la tumeur gangrénant le cerveau remplace ici l'attaque de la rouille sur le métal. Ceci toujours sur le "No_home".
Ensuite, "Ontho/logica" vient alterner quelques instants noises, certes retenus, avec des nappes minimalistes et des samples toujours aussi ambiant.
"Djahane", en sixième position, métisse voix orientales et musique électronique, ce qui n'est pas sans rappeler les ambiances du "Hierakonpolis" de Flint Glass. Même atmosphère sur "Axiom_v3.2", qui semble fondu, tant la maîtrise de la setlist et des enchaînements est réussie, comme sur tout l'album d'ailleurs.
Sur "Egoyst gen", des voix gutturales de moines tibétains nous font nous échapper vers les hauteurs de l'Himalaya pour tenter de soigner le mal dans un temple bouddhiste. En "Apory", la musique est plus cristalline. Sans doute est-ce la fin? Ce que viennent nous confirmer des voix angéliques.
Je disais donc sublime. Et j'ajouterai riche d'une diversité d'apports qui viennent ainsi renouveler originalement le dark-ambient. G.G
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TAT "Quinta Essentia" (Autoproduction) 2006
Quelle agréable surprise ! Là où le touche-à-tout Strigoï s'embourbait dans un mélange de styles encore peu convaincant, le talent déjà perceptible de son compositeur Antoine Aurèche est ressorti à travers son projet solo, Tat, qui fait preuve d'une étonnante maturité, et au sein duquel guitare classique et voix forment une trame homogène, homogénéïté qui ne sera pas synonyme d'ennui, car enrichie par la diversité des apports de nombreux intervenants lyonnais.
Revenons à cette guitare, quasi omniprésente. La structure classique des compositions ajoute un raffinement auquel ne peut prétendre pléthore de groupes dark-folk traditionnels.
Car s'il est difficile de classer cet opus, il semble bien qu'il faille s'orienter vers cette étiquette, de par l'instrumentation acoustique et de par la noirceur des thèmes et ambiances développés. A ce sujet, l'album se veut conceptuel, traitant de la sapience alchimique (sic), le tout dans une alternance de morceaux intégrant la participation des invités, entrecoupés de petits soli instrumentaux où la dextérité de Tat s'exprime de façon classique, avec parfois des intonations andalouses telle l'introduction de "Mon rêve est un chêne creux", où l'on s'attendrait presque à voir apparaître Phil Von ou Flore Quétier des Von Magnet... Mais c'est Cypher, membre d'Omnicore, qui finalement intervient sur ce titre, petit clin d'oeil à la scène dark-folk. Et dans cet esprit résolument ouvert, lors du superbe "Quinta essentia : part I", morceau dans un jolie veine folk martiale, le texte se veut ouvertement impertinent et moqueur par rapport aux égarements de certains adeptes de ces musiques.
En sus de la guitare, l'on trouve des percussions parfois, tantôt martiales comme nous l'avons déjà évoqué, ou plus cristallines, mais aussi, sur "Vampyr", de l'orgue, donnant quelques nuances dark-ambiant, moments d'introspection dans des morceaux lorgnant plutôt du côté de l'heavenly voices.
En effet, la voix limpide d'Esclarmonde, sa compagne au sein de Strigoï, vient sur plusieurs chansons agréablement prendre le relais de celle d'Antoine qui, principale critique trouvée à cet album, par son côté susurré et écorché, peut parfois indisposer, même si les relents de métal nous font penser au meilleur de Pazuzu et à des titres comme "La baronnesse et le démon" lors de "Digression du bouffon & L'eau de bilocation", l'une des plus anciennes composition du projet.
Autre collaboration, autre influence, lorsque Kader, animateur depuis quinze ans de l'émission radiophonique lyonnaise "Meïose", revient à ses premières amours, avec une voix qui n'aurait pas dépareillé au meilleur des années 80 par son intonation cold-wave sur "Le testament de Flamel". Et de son côté, c'est du post-rock que nous apporte AlBéRiCk sur la troisième partie de "Quinta essentia", avec ses déconstructions sonores aux machines ou guitares maltraitées plutôt que torturées, dont il est coutumier du fait au sein de son groupe .Cut. Ces dissonances entament un dialogue réussi avec les mélodies tout aussi dépouillées de Tat.
Un objet atypique, à l'artwork sobre et soigné, riche de diversité, mais dont la trame homogène vous plongera dans une longue rêverie: l'alchimie a très bien pris et le secret nous en est dévoilé par Tat. G.G
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HIV+ "UFO Pulsations" (3 Patttes) 2006
Période d'intense activité pour Pedro Peñas y Robles aka HIV+, avec notamment la sortie de ces pulsations d'une autre galaxie, essentiellement composée de planètes audiovisuelles où l'expérimentation et une certaine radicalité règnent indiscutablement.
Le CDR démarre sur un trio original de l'invité d'honneur de nos peuplades (?) extraterrestres : "Anywhere out of my mind", ambient crépitant déjà présent dans une version quelque peu différente sur "Censored frequencies", "Liquid skies", le plus rythmé des trois, de la remarquable famille de "Contraction" ou du remix réalisé pour Bak XIII (beat mécanique hypnotique et point trop rapide, saturation, atmosphère inquiétante...), et "Pulsar 23", certainement composé quelque part entre notre planète et cette autre galaxie, dépaysement spatial, froid et hanté, un peu de ce vide si lointain magnifié par Kubrick, avant que notre espèce ne soit dépassée par sa création.
Puis vient le temps des visites extraterrestres, des bouleversements électro-génétiques.
Liquid Sphere convoque la vie microscopique qui le compose et emplit l'espace vital d'"Anywhere out of my mind". Subliminal et incertain, artisan d'une détente sur le fil du rasoir, à l'affût de vos variations émotionnelles.
Dell.Tree suit, manifestement raccordé au même organisme, mais pour une mutation mettant encore plus à mal nos certitudes. La vie microcosmique rejoint le macrocosme, se densifie, remonte la moelle épinière et pénètre les neurones. Déconstruction, apologie d'une altérité improbable.
Human Flesh - ne vous laissez pas abuser par cette appellation éminemment non contrôlée : un emprunt, pire, une imposture visant d'autres mutations - la technologie s'en mêle pour des impressions davantage cybernétiques, adoucies par un violon synthétique.
Puis surgit Sizzle, qui se saisit de "Pulsar 23" pour de progressifs mais réels travestissements, nous plongeant encore un peu plus dans une aliénation où l'intelligence artificielle a pris le pouvoir, au fin fond du grand vide, pour accélérer en un saississement ultime par le froid.
Mais l'organisme ainsi perverti n'est pas éteint : du fait même de cette perversion bien ancrée et de l'existence de la forme de vie autonome, Planetaldol la conduit pour un voyage manifestement sans retour, en écarquillant le sens auditif de l'entité, nous donnant un aperçu du faux silence de ce biotope ahurissant, en fait habité d'une symphonie de bruits fondus.
Tzii s'attaque alors à "Liquid skies", en concasse l'ossature, la recompose, fait une pause, reprend, surprend par l'irruption d'un échantillon de notre orient, développant une troublante esthétique de la rupture.
Giscard le survivant, assemblage de cellules qui muta certainement au contact de notre planète, et plus précisément de notre pays, dans la seconde moitié des années 70, hérite du même organisme dans une optique chirurgicale dont la logique lui est propre. Opération à circuits ouverts, mais les bactéries s'en mêlent : infection noise-ocomiale... souhaitée par l'opérateur cellulaire !
Atrabilis Sunrise, nouvelle dimension. Zoom sur la multiplicité de formes de vie des pulsations de l'O.V.N.I. que vous ne pouviez soupçonner. Avancée lente mais certaine, torturée mais structurée. Une multitude de focalisations instantanées illustrent un mécanisme encastré dans le vivant...
"Pulsar 23" a entre-temps terminé son périple, malmené lors de cette avancée dans la symphonie de bruits fondus. Finalcut accueille ce qu'il en reste et le soumet à des expériences micro-électriques le destinant à un dernier stade de décomposition hybride, non achevée, pour une vie végétative où sa conscience ne nous est plus accessible.
Enfin, c'est "Anywhere out of my mind" qui donne à voir la fin de son parcours, boosté au plutonium concentré à la sauce d' Iloj Tone, se vrillant en convulsions, démonstration d'un sadisme supérieur au précédent expérimentateur sur le sujet. Il y a extraction de souvenirs auditifs enfouis, grâce au traitement de choc subi. La déstructuration met un terme au cobaye. Même au diagnostic, un compteur Geiger n'y survivrait pas.
Vient ensuite le DVD et ses habillages d'images, consistant non plus à revisiter l'essence des morceaux, mais à porter son dévolu sur telle ou telle pièce d' HIV+ pour lui offrir une dimension supplémentaire, basée sur le stimulus visuel. Les formes de vie ayant opté pour cette approche se sont notamment penchées sur certaines démarches proprement humaines, qui les auront sans nul doute interpellées...
Avec "Une chienne andalouse", Tzii, de retour, choisit un paradoxe travaillant déjà basiquement notre espèce, celui de l'opposition entre une certaine austérité de la religion et des approches comportementales non sans lien avec notre instinct de reproduction et qui, très relativement, sont parfois rangées sous le concept de perversion. Une institution patriarcale face à l'incarnation forcément féminine du désir, le noir versus le rouge. Thématique obsessionnelle pour une mise en exergue de l'ordre du clip.
L'entité Toff ensuite, avec "Point exe", marqué par des attitudes que nous rattachons successivement à la pire folie ou au pire rationalisme, présente un zapping saturé de la cruauté de l'humain envers les animaux dont il se nourrit, via son industrie agroalimentaire notamment, ainsi qu'envers ses congénères, dans des mises à mort plus ou moins institutionnalisées. Le tout entraîne évidemment une sensation de malaise exacerbé, et l'on ne peut que déconseiller cette mise en perspective sans complaisance et cohérence, mais éprouvante, aux personnes sensibles...
RKO, prévoyant, avait échantillonné le gène de "Pulsar 23", à partir duquel il construit sa projection mentale barrée, un vrai court-métrage de l'ordre du fantastique évoluant tout en lenteur, l'apesanteur subjective du début, au sein de blancs mais sombres couloirs, laissant à mi-chemin la place à une projection externalisée. Une de ces machines douées de raison a bel et bien décidé d'expérimenter sur un humain, de le sonder, de le soumettre... de l'habiter ?! Fascinant, mais à qui le tour ?
Quatrième élément de la série, la vision "Erased" de Cybunk nous ramène vers un abstrait examen de notre matière civilisationnelle et chimique immédiate, dans une déclinaison de quiétude inquiétante, le calme de la tempête. Certainement le plus conceptuel, le moins descriptible...
Pour terminer, "00,1 % ex echo", de Stéré<o>pathe + K-Ro, offre à ses spectateurs une illustration SF évoquant inévitablement les flux interplanétaires ainsi établis, un genre de collage nous susurrant que rien ne sera plus comme avant.
Afin de revenir dans une réalité dimensionnelle qui se manifestera de prime abord via notre lecteur DVD, signalons la présence d'un certain nombre d'infos et de bonus sur ce second support, et notamment une piste DVD supplémentaire qui doit conserver sa vocation de surprise, ainsi qu'un petit aperçu du travail d'un ultime mutant nommé Nuvish, dessinateur intergalactique à l'origine de l'étrange jaquette de cet objet hors normes. Miqrob
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LOCK "Razormaid ep" (Autoproduction) 2003
Les deux suisses alémaniques de Lock nous gratifient avec cette première démo d'une électro-indus rythmique qui devrait ravir les amateurs de Winterkälte et consorts. Après une intro au titre évocateur ("In God we blast") à l'ambiance sourde et inquiétante, on rentre dans le vif du sujet avec quatre titres où les deux comparses, Patrick et Klaus, allient basses profondes et sons cinglants: "Friendly fire", "Dooma", "Nickita's gift" et "Off memory". Mention spéciale pour la sixième plage ("Downtime") qui clôt cet ep sur une dernière ligne droite toute en accélération.
Si elle ne révolutionne pas le genre, cette formation pourrait néanmoins s'afficher sans complexe aux côtés d'autres déjà reconnues officiant dans cette veine. Alors, si vous aimez vous nettoyer les tympans au papier de verre en vous convulsant sur des rythmiques glaciales, soyez rassurés, les souffleurs de blizzards mécaniques ont une nouvelle recrue, et elle s'appelle Lock... Skoell
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FLINT GLASS "Nyarlathotep" (Brume Records / Funkwelten) 2006
Imaginez...
Imaginez la rencontre entre Terminator et Alien...
Improbable? Pas sûr!
Gwenn Tremorin réussit avec "Nyarlathotep" à opérer la mutation de l'auditeur en véritable spectateur où le terme cinématographique prend réellement tout son sens et son ampleur.
Là où "Hierakonpolis", son premier album, emmenait le voyageur dans des contrées orientales égyptiennes à la découverte d'une odyssée musicale rythmique, c'est dans des contrées galactiques lointaines plus qu'hostiles que nous emporte ici "Nyarlathotep".
Ce thriller musical dark-ambiant, inspiré par H.P. Lovecraft, nous plonge dans les abîmes froids du néant à la rencontre et à l'affrontement de deux entités maléfiques dont la quête aboutira à la destruction d'une créature l'une sur l'autre: la première, d'une froideur technologique ultra-résistante, la seconde, reptilienne et cauchemardesque à l'instinct de survie plus que développé.
Dès le morceau d'introduction ("R'lyeh la morte"), le décor est mis en place et nous plonge violemment dans un univers froid et sombre qui perdurera tout au long de cet opus. La musique caractérise parfaitement les situations de non activité ("Nyarlathotep", "Ubbo-sathla"), de tension ("Brain speaking machine", "Hastur"), ou de suspens ("Azathoth", "Yuggoth", "Shudde m'ell"), et il est facile de ressentir les émotions s'y rapportant: frissons, angoisse, stress, peur, voire terreur...
Les rythmes matérialisant les poursuites ("De vermis mysteriis", "Nephren-ka") et les affrontements ("Angular space") ne font qu'ajouter à ce sentiment général d'oppression bien palpable et l'enchainement des morceaux les uns aux autres sans interruption contribue également à perpétuer l'angoisse omniprésente.
Et pour être encore plus efficace, un véritable scénario a été élaboré avec soin dont on peut ressentir la progression à travers l'alternance de séquences lentes et rapides pour aboutir enfin à la suprématie de la Reine, maîtresse incontestée et majestueuse, démonstration de force à l'appui, se réjouissant de l'anéantissement total de son adversaire ("Cthulhu dawn").
Enfin, l'intrusion de l'espèce humaine ("Alhazred"), là où elle n'a pourtant pas sa place, nous confronte à l'idée qu'elle n'est ici pas la bienvenue et qu'elle reste le plus grand prédateur en ayant observé la créature vainqueur afin de mieux la dompter au final ("Slither chaos").
Signalons en guise de bonus les 4 titres suivants:
- "Brain death" (présent sur la compilation "Angst" du label Spectre) remixé par Ah Cama-Sotz,
- "Germ code" (présent sur le ep "Dahshur") remarquablement remixé par Disharmony,
- "Brain speaking machine" remixé par Xabec et
- "R'lyeh la morte" remixé par This Morn'Omina and Empusae.
Pour conclure, "Nyarlathotep" ne se contente pas seulement d'être un "simple" disque aux allures de space opera: les photos époustouflantes qui composent le "3pac" font de lui un objet artistique dans tous les sens du terme, absolument magnifique, et mérite sa place au sommet de votre "vitrine". Solus
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WÄKS "Da Glütte' Wäks" (Autoproduction) 2005
Wäks (prononcez [ouaks]) est un jeune groupe d'Evian officiant dans l'electro-rock from outerspace... Ce quatuor de joyeux drilles nous a en effet, avec "Da Glütte' Wäks", pondu un album pas franchement classable (ce qui représente déjà un intérêt en soi), mais aussi remarquable d'idées.
Imaginez les Chemical Brothers et Ludwig Von 88 qui décident, accompagnés d'une chanteuse, de se faire un boeuf techno-pop un brin psyché dans un club au décor rétro-futuriste!.... Ce CD-R a la patate, saute dans tous les sens et au-delà, à coups de zique électronique à la fois rythmée et assez pop donc, le tout agrémenté d'une guitare plutôt saturée qui tombe à pic. Non content de faire une musique originale, Wäks est aussi une utopie reposant sur une langue inconnue, quoique quelque peu mâtinée de celle des Monthy Python. Magma n'a qu'à bien se tenir, point d'ultra-concept ici: que du délire! Il se peut qu'à l'avenir, les choses s'assombrissent, le groupe confiant son goût prononcé pour la scène électronique à tendance dark.
En tout cas "Da Glütte' Wäks" est un album frais, énergique et inattendu, la bande-son idéale de votre été chez les freaks. Je crois qu'il va falloir procéder à de plus amples analyses sur l'eau d'Evian: elle a des vertus insoupçonnées qui confinent au louche... Mais que fait Sarko? Miqrob
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KUB "Entre 2 Mondes" (Axess Code) 2003
Cette chronique s'adresse à ceux d'entre-vous qui n'ont pas de complexe vis-à-vis des frontières musicales, et qui en l'occurence ne crachent pas sur un skeud de drum'n'bass se situant dans l'antichambre des musiques industrielles. Kub n'est pas le premier, après Architect et Ammo (tous deux chez Hymen) qui ont brisé les tabous dans ce domaine, mais regrettons l'étroitesse de certains esprits pour qui les cloisons sont une nécessité. "Entre 2 Mondes", c'est un peu entre celui de la jungle, enfant terrible de la techno et du dub, et celui de l'electro-indus évidement partie prenante de la fédération des ziques dark.
Première sortie du label Axess Code (abrégez axc), suite logique après l'association, le site web et l'organisation de soirées, ce CD place la barre très haut. L'ex-grenoblois, maintenant Aixois Kub, de toute évidence, a asticoté ses machines un bon moment avant d'en tirer la substantifique moelle mise en forme dans cet album. Cette mise en forme en question livre un drum'n'bass puissant et atmosphérique, aux ambiances froides, à mi-chemin entre Boymerang (référence britannique du genre) et Architect (alias Haujobb, Cleaner, H_M_B, etc), urbain et technologique comme la jaquette de l'opus. L'ensemble et à la fois varié et homogène, puissant et trippant (au hasard, presque: "Overflow"...).
En dixième piste, Zerogoki remixe "Novosibirsk" pour en faire un gros rouleau compresseur breakcore-indus, et sur la onzième et ultime, "Inkubus" se voit relooké en très bonne pièce d'electronica glaciale par NKL, dans un genre de Oil 10 qui aurait mis son romantisme entre parenthèses.
On pourrait certainement en dire bien plus pour ce coup d'essai plus que réussi d'une part pour l'artiste et d'autre part pour le label, mais j'espère avoir été à l'essentiel pour vous communiquer cette idée maîtresse: ce CD fracasse. Miqrob
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REMAIN SILENT "Dislocation" (Axess Code) 2005
"Dislocation" devrait combler les amateurs du genre electro-dark instrumentale bien pêchue. A mi-chemin entre Front Line Assembly et Mentallo & The Fixer sans paroles, le second album de Remain Silent n'aurait pas dépareillé au sein de l'écurie Off Beat de la fin des années 90.
Tout en apportant une fois de plus sa propre touche bien personnelle: richesse sonore, montée en puissance, souci du détail, maîtrise technologique (que l'on retrouvait déjà sur "T/I/D", son premier album aux sonorités industrielles), Yann Souetre nous fait tomber dans un univers mécanique planté au milieu d'un décor ressemblant à Terminator mélangé à Matrix.
Les 12 plages (plus de 6 minutes par plage!), enchaînées les unes aux autres, s'apparentent à une bande originale d'un monde où l'humanité aurait été décimée. L'absence délibérée de titres laisse libre cours à notre imagination concernant la raison de cette éradication.
Et la découverte vers la fin de l'album (titre 11) d'un fossile organique (le piano) nous fait nous remémorer qu'un monde bien réel a existé.
Magistral (même si l'on regrette l'absence de chant sur les titres 2, 5 et 7), l'electro-dark futuriste de "Dislocation" en surprendra plus d'un et mérite sa place dans la cour des grands. Solus
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V/A "axc_labs" (Axess Code) 2004

Eh ben mes aïeux! Axess Code s'est bien arraché avec cette compilation double CD: ça pète haut et y'a de la matière. Autant vous dire que chroniquer un tel travail n'est pas une mince affaire... Pour des raisons d'exhaustivité autant que de flemme à synthétiser, je vous propose un passage en revue piste après piste. C'est parti!
CD 1: "Dancefloor"
01> Nuwerk vs Lapsed > electro techno EBM > groovy, efficace 02 > Commuter vs LAAG > EBM > boucles bien rondes, accrocheuses > pied puissant 03 > Assisted Brain by O vs Shuggha > tendance electroclash à chant féminin > sons vintage sympas 04 > Christopher Kah vs Communication Zero > electro techno assez agressive > très efficace 05 > Stamba vs Zerogoki > electro techno > rythmique très puissante > mais on sent plus l'empreinte de Stamba que de Zerogoki 06 > Millimetric vs Oil 10 > electro techno > vrai croisement entre les beats du premier et les ambiances du second (beaucoup de petits samples en ballade...) 07 > Sindrome vs The Fly > electro wave old school > chant en français (courageux) > véritable outsider! 08 > Human Body vs Sulphuric Saliva > commence techno, sans trop de conviction > l'indus à la Sulphuric pointe son nez > là ça devient intéressant! > débarque un gros breakbeat radioactif qui justifie à lui seul l'intérêt du morceau 09 > Lith vs Shizuka > indus rythmique > très bon morceau aux ambiances sombres > varié > au poil! 10 > Punish Yourself vs Ambassador 21 > electro indus punkoïde > diablement efficace 11 > Get Lost vs Zig > electro rock > beat martelé > très entrainant > du vrai rock'n'roll moderne 12 > Tamtrum vs ANAEL > electro dark > pas révolutionnaire mais terriblement dancefloor > enfin un peu d'hémoglobine! 13 > Lok 8 vs Arcaïde > même constat, même combat... 14 > Collapse vs Rudra Vena > electro indus > assez mental avec de la tension > hypnotique, propice à la transe 15 > Psychosomatik vs Obe > electro indus > un petit côté FLA sur le début > chant assez émotionnel > morceau de très bonne facture
CD 2 : "Chill Out"
01 > Grena vs Kub > magnifique morceau d'ambiant mélancolique > chant éthéré > une tension sous-jacente > je réclame un remix par Ab Ovo!!! 02 > Cheerleader 69 vs Wytlyt > excellent morceau > un peu épique > l'atmosphère d'un champ de bataille juste avant le conflit, avec un côté tant funeste que solennel 03 > Darkly Pale vs EMPI > ambiant pop barrée > un peu triste > étrange beauté > très original > un poil d'Aphex Twin quelquepart dans le mécanisme 04 > Cordell Klier vs Zonk't > electronica rythmique > morceau assez discret, souterrain > riche en petits bruits, comme peuplé d'une intense vie microscopique 05 > Flint Glass vs Empusae > dark ambiant > magnifique morceau > un poil orchestral > très abouti, dans la forme comme dans le fond 06 > Displacer vs OTX > dark electronica > rythme très travaillé, avec beaucoup de breaks > ambiance bien industrielle > nappes mélancoliques > très bon 07 > Flint Glass vs Ah Cama Sotz > breakbeat indus > aurait tout aussi bien trouvé sa place sur le CD 1 > bombe d'electronica guerrière > racé et jouissif! 08 > Detritus vs Iszoloscope > drum'n'bass > excellent jungle, crade et sombre > bon rendu atmosphérique > aurait aussi pu trouver sa place sur le CD "Dancefloor" 09 > Komplex vs PFX 68 > electronica barrée > beat complexe au pied martelé > samples vocaux de premier choix > talentueux électron libre 10 > CDrik vs Planetaldol > indus electronica > morceau assez sec > parfaitement abouti du point de vue structurel, mais avec une carence émotionnelle à mon goût 11 > Larvae vs Franck Wolf > breakbeat indus > très évolutif, à partir de sa boucle rythmique lancinante du début > feeling d'incertitude (pas pour les anxieux) 12 > Eva|3 vs LAAG > dark ambiant > ambiance rituelle bien glauque > hypnose lente et certaine 13 > Axiome vs Mimetic > industriel > c'est pas du chill out qui va reposer les esprits, sauf peut-être celui d'un tueur psychopathe! > assemblage terroriste de textures et de samples voués au suicide par saturation (genre monokrom) 14 > Jeff vs Sobria Ebrietas > dark ambiant > impression d'espace > très cinématographique > apesanteur un peu inquiétante 15 > Lambwool vs Remain Silent > dark ambiant > un peu rythmique > travail haché menu, avec une restitution à l'atmosphère étrange et un peu parano > très réussi
Globalement, "axc_labs" est un très bon passage en revue de ce que l'on pourrait appeler "le son axc", avec des pistes frisant la techno et d'autres résolument dark. je ne vous cacherais pas qu'à ce titre, j'ai une préférence pour le CD "Chill Out", à la fois plus audacieux et plus sombre... Néanmoins, l'ensemble possède indéniablement une homogénéité de qualité supérieure, et les artistes en présence n'ont pas bossé à l'arrache. Mine de rien, en rassemblant une foule de musiciens motivés, le tout jeune label axc a pondu une compil' qui fera date, à moins que l'avenir ne soit franchement ingrat, ce qui me paraît fort invraisemblable! Dépêchez-vous, y' en aura pas pour tout le monde... miqrob
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OTX. "Escape" (Brume Records) 2004
Pour cette onzième production, Brume Records nous offre une fois de plus un artiste non dénué de talent: OTX. nous plonge dans un univers cinématographique aux accents electronica (voire electro sur les derniers titres) des plus prometteurs.
"Escape" nous confronte à une exloration d'un monde éthéré, irréel mais à la fois riche et palpable, où se côtoient intimement les plages électroniques sombres et les galets rugueux des boîtes à rythmes.
Onirique, cet album constitue un véritable échappatoire à la triste réalité, renforcé par les textes et les images explicites du livret liés à chaque titre (le remarquable travail visuel de Massengrab complétant admirablement le concept d'évasion sonore), histoire de nous enfoncer un peu plus en profondeur.
Les onze titres et les deux remixes s'enchaînent les uns après les autres sans jamais interrompre notre voyage. Oil 10 nous gratifie d'un remix de "The dark voice of angels" fidèle à lui-même et Displacer clôt l'album avec un remix de "Medieval heresy" positif à souhait qui nous comble d'émerveillement.
En bref, si vous avez besoin d'une catharsis, échappez-vous et partez à la conquête dela virtualisation. Solus
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PROSPERO "Spreading The Infection" (Brume Records/Sub.Session Records) 2004
Pour cette sortie, le Canadien Web Anderson, également créateur du label Sub.Session, s'est associé pour l'occasion à Brume Records.
Ce double CD au visuel vert-de-gris représentant un bâtiment en briques (une abbaye?) encerclé par lé végétation attire d'emblée notre attention par son côté froid et sombre. Et ce n'est que le début!
"Spreading The Infection" regroupe pas moins de presque deux heures de musique aux accents dark-indus-electronica: 11 titres originaux et 11 remixes dispersés, se mélangeant dans des ambiances assez variées ("Infection" au son electro-dark digne d'un :Wumpscut:, "Insomnia" au son electro-tech orienté dance-floor, "Kill the Bbdy", "The world that I see" au son indus, "Contagion & rebirth" au son drum'n'bass...), teintés de nappes synthétiques ambiantes et secoués par des rythmiques industrielles apocalyptiques implacables ("Fury of the tempest" par This Morn'Omina, "Storm" par Nervefilter, "Eye of the storm" par Displacer...). Voilà le point fort de l'oeuvre: atteindre les limites des genres sans jamais basculer dans l'extrême.
Et comme dirait un certain barbu: "l'infection mentale commence avec des douleurs lancinantes" et se propage aux rythmes frénétiques de Empusae, Remain Silent, Pneumatic Detach, Converter, Flint Glass... Que de convulsions sonores en perspectives! Solus
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FUNKWELTEN "The Label Compilation 01" (Funkwelten) 2004
Pour sa première compilation (et sa sixième sortie), le label allemand Funkwelten, subdivision de Black Rain, frappe fort: les treize titres des neuf groupes représentés sont d'une grande qualité.
Ciblant le registre electronica au sens large, la diversité des morceaux s'avère d'une richesse émotionnelle intense, touchant à la fois au chill-out avec Enfusion (où l'on retrouve Torben Schmidt de Lights Of Euphoria et Alfred Gregl de Satsuma), à la techno-ambiant avec Polyspace, à l'infra-bass avec Klangfarbe, au drum'n'bass et soundscape avec Satsuma, et à la harsh-ambiant avec Echorausch.
L'exercice de style, pourtant loin d'être évident, réussit totalement à concilier tous ces univers assez proches et l'on se sent envahi d'une émotion proche de la sérénité au fur et à mesure de l'écoute.
Pour ne retenir que trois artistes, jetons notre dévolu sur:
- Displacer, premier artiste à nous entrouvrir les portes de ce monde en apesanteur, qui met d'emblée la barre haute avec son morceau "Down" aux rythmes répétitifs sur fond de nappes synthétiques, nous plongeant dans un état modifié de conscience proche de l'hypnose;
- Flint Glass, avec l'electro-dark-ambiant de "Etheral winter" au titre évocateur et aux accents brumeux (!), qui nous enfonce un peu plus profondément dans notre subconscient, et avec "Teotihuacan", enveloppé de percussions sud-américaines, qui n'en devient alors que plus intemporel;
- For A Space (ultime groupe), avec un "Underneath" cotonneux à souhait et à la voix envoûtante de Julianne Wilde, qui ne déroge pas à la règle et nous retient une dernière fois dans notre isolement sensoriel.
Le réveil risque d'être douloureux et l'on se surprend facilement à mettre en mode repeat cette compilation afin de ne pas troubler notre quiétude d'auditeur! Solus
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BAK XIII "Post Lucem Tenebrae" (Urgence Disk) 2005

Manger la dernière galette electro-kitsch de Bak XIII ne se fera pas sans concessions: tout d'abord, une certaine envie de danser vous prendra à bras le corps dès l'ingestion de ce maxi 13 titres (excusez du peu!) et vous aurez réellement du mal à garder serrées vos bretelles de moustachu avant de vous élancer sur votre "dance-floor" de salon.
Puis, encouragé en plus par des mélodies entêtantes non sans rappeler les années 80, vous vous mettrez sans aucun mal à fredonner les paroles naïvement clichés mais néammoins réalistes de titres comme "Dance or die", "Homodisco", ou le remix de "80's are back forever".
Ensuite, il vous faudra assister à la digestion du titre "Lost in darkness" par les Gargantua du remix (Mimetic, Hiv+, Spies...) qui réduiront à néant toutes vos tentatives pour neutraliser leurs sucs digestifs baignés d'electro-harsch/indus/dark-ambiant (mention spéciale pour Hiv+).
Enfin, il vous faudra encore trouver la force pour une expulsion sonore digne d'un Hébus avec le versus Nada "Fuck you and dance".
Bon appétit! Nous, on en reprend une assiette... Solus